La petite histoire du Diable

Le Diable, avant d’être le Diable, était un ange. Alors avant de vous parler du Diable, il me faut vous parler des anges.

Note : les termes soulignés et en gras sont définis dans le lexique divin. Vous serez surpris de voir que certaines définitions ne correspondent en rien à votre conception actuelle.

Les anges sont des créatures de Dieu. Les anges ne sont pas comme les humains, ils n’ont pas de corps. Ce sont de purs esprits. Comme les hommes, les anges possèdent une intelligence, le libre-arbitre et une volonté propre. Leur intelligence est toutefois différente de la nôtre, elle n’est pas discursive, c’est à dire qu’elle n’a pas besoin de suivre le chemin d’une réflexion linéaire. Elle est intuitive, immédiate et illuminative. Les anges sont organisés suivant trois hiérarchies, eux-mêmes répartis en trois ordres. Ce sont les neufs chœurs des anges. Le règne des anges se hiérarchisent aussi, en fonction de leur éloignement de Dieu et forment un ensemble d’intermédiaires entre Dieu et le monde de la matière.

Comme toutes les créatures de la création, elles ont un rôle à jouer dans les projets de Dieu. Entre autres attributions, les anges reçoivent et propage la lumière divine. La lumière émane de la source, de Dieu. Les anges se transmettent cette lumière divine en cascade les uns aux autres, du plus proche de Dieu vers le plus éloigné. La règle étant que pour être diffusée, la lumière divine doit passer par tous les intermédiaires dans l’ordre de la hiérarchie du plus proche de Dieu au plus éloigné. Chaque ange transmet donc à l’ange immédiatement inférieur la connaissance qu’il reçoit lui-même du plus haut, mais il la transmet morcelée et particularisée en fonction de ce qu’il est. N’étant pas l’égal de Dieu, il ne peut pas refléter la totalité de la lumière originelle. Étant inférieur à Dieu, il ne peut refléter qu’une partie de la lumière divine.

Selon cette organisation, il y a donc parmi les anges ceux qui sont tout en haut et ceux qui sont tout en bas. La particularité de ceux qui sont tout en haut est de recevoir l’intégralité de la lumière divine avant de la renvoyer morcelée à ceux qui suivent. Le Diable était l’un de ces anges. Il n’avait pas d’intermédiaire entre lui et Dieu et la distance était si courte qu’il choisit de se prendre pour Dieu. Il choisit de quitter la sphère divine pour créer la sienne propre et entraîne à sa suite les anges qui partagent le même désir.

Il a l’orgueil de se prendre pour Dieu. Mais ce n’est pas en se prenant pour Dieu qu’on le devient forcément. Et il se rend vite compte qu’il n’est finalement pas l’égal de Dieu, en particulier en ce qui concerne l’action de créer. En effet, créer ne peut être l’action propre que de Dieu seul. Le voilà donc incapable de faire comme Dieu, créer son univers, son monde et ses créatures. Il ne peut pas non plus s’échapper de la création de Dieu. Il n’y a que ça qui existe. Il n’est pas possible d’exister ailleurs que dans la Création. Le voilà donc coincé dans la création de Dieu tout en y ayant perdu sa place.

Il s’est lui-même mis à l’écart et se retrouve impuissant à mettre ses plans à exécution. Il est conscient de l’erreur qu’il a commise. Mais l’orgueil qui lui a fait croire qu’il pouvait lui aussi être un Dieu, l’empêche de faire machine arrière et de perdre la face, l’empêche de faire amende honorable et de reprendre sa place dans le plan de Dieu. Petit à petit, de cet orgueil de ne pas vouloir reconnaître son erreur naît la colère et la haine. Animé par cette colère et cette haine, il décide que s’il ne peut créer son propre monde, il n’aurait de cesse de détruire celui de Dieu !

Il ne peut s’attaquer directement à Dieu, alors comment va-t-il s’y prendre pour détruire l’œuvre de Dieu ? Il lui faut un plan ! Cet ancien ange a reçu l’intégralité de la lumière divine, il a donc une très bonne connaissance du plan divin. Il va pouvoir l’étudier et décider de ses cibles.

Dieu a pour objectif de s’incarner dans la matière, de créer un monde qui le représente. Pour cela, Il mise sur une de ces créatures en particulier : l’Homme. Situé au centre de la création, à la frontière de la matière et de l’esprit, l’Homme est chargé de la lourde tâche d’incarner dans la matière l’esprit de Dieu. Le prince des ténèbres a trouvé sa cible. En s’attaquant aux hommes et en les détournant de Dieu, il les empêche d’incarner l’esprit de Dieu et réduit à néant le projet divin. Ne pouvant créer ses propres créatures, il décide donc de jouer avec celles de Dieu.

En quittant la sphère divine, il décide de ne plus s’inscrire dans le projet divin, de ne plus honorer sa place et son rôle dans le projet de Dieu, mais de suivre son propre chemin. Il remplace le fait de suivre le choix de Dieu pour lui par le fait de suivre son propre choix. Remplacer le choix de Dieu pour soi par son propre choix devient son énergie, sa vibration, sa fréquence, sa signature. C’est ainsi que le Diable se propose de nous dévier du plan de Dieu. Nous détourner de Dieu en privilégiant notre propre choix à celui de Dieu pour nous.

Pour illustrer cela, reprenons la symbolique d’Adam et Eve. Au début, Dieu a dit à Adam et Eve de ne pas manger le fruit défendu. Par ce fait, Dieu donne une règle à Adam et Eve : faîtes mon choix. C’est la règle du royaume de Dieu. Le Diable, via le serpent dit à Adam et Eve : Si vous avez envie de manger de ce fruit, mangez de ce fruit ; vous n’allez pas en mourir. Le Diable édite sa propre règle : faîtes ce que vous avez envie de faire ; ou dit autrement, faîtes vos propres choix. C’est la règle du royaume du Diable. Adam et Eve mange du fruit. C’est un moment de clivage fondamental. A ce moment précis, Adam et Eve choisissent de suivre la règle du Diable plutôt que la règle de Dieu. A ce moment précis, ils choisissent de vivre dans le royaume du Diable plutôt que dans le royaume de Dieu.

Voilà ce que nous propose le Diable : non pas de manger un fruit, mais de changer de règle.

Mais comment arrive-t-il à nous faire faire ce choix ? Comme pour Adam et Eve, il va nous manipuler, nous faire croire à une illusion.

Dieu nous a créé. Pour ce faire il a crée une âme dans lequel il a mis tout ce qu’il fallait, tout ce dont nous avons besoin pour réaliser le projet de Dieu. Puis il envoie cette âme s’incarner dans un être de matière auquel il donne vie. Nous sommes la créature de Dieu, fusion de cette âme et de cet être de matière. Il a pourvu cet être de matière de nombreuses capacités. Il a entre autre pourvu cet être de matière d’une intelligence, d’une volonté propre, d’un libre-arbitre. Tout cela est indispensable pour la mission qui est la nôtre : incarner Dieu dans la matière.

A l’instar des anges, Dieu nous a donné l’Être et la Puissance (le potentiel). Il nous a donné la possibilité d’exister et la possibilité d’incarner des potentiels. C’est indispensable pour pouvoir incarner Dieu. On ne peut incarner Dieu que si on a aussi la possibilité de ne pas l’incarner.

Ce n’est pas facile de se faire une image de ce que représente le fait d’incarner Dieu car nous ne savons pas exactement ce qu’est Dieu. On sait que Dieu est caractérisé (entre autres, sûrement) par son Amour et sa Bonté, alors incarner Dieu commence peut-être par incarner l’amour et la bonté ?

Mais pour pouvoir incarner la bonté, il faut posséder la possibilité d’incarner l’inverse. Incarner la bonté si nous sommes incapable de faire autre chose, n’exprime pas la bonté : c’est juste être, ce n’est pas être bon. Être bon, c’est faire le choix de la bonté entre plusieurs choix. Si Dieu nous obligeait à être bon, nous serions comme des zombies qui ne font que ce qu’ils savent faire. Cela n’exprimerait en rien la bonté. La bonté que Dieu souhaite nous voire incarner ne peut s’exprimer que dans un monde où il y a aussi la possibilité de ne pas incarner la bonté. Et c’est ainsi pour tout. C’est pourquoi il était indispensable que nous soyons doté d’intelligence, de volonté propre et de libre-arbitre.

Mais ce sont ces outils que le Diable va utiliser pour nous détourner de Dieu. C’est à partir de ces outils qu’il possède aussi, que le Diable a décidé via un acte volontaire et libre de se détourner de Dieu. Et à partir de son orgueil d’avoir voulu être l’égal de Dieu, il insuffle à l’homme l’orgueil de penser pouvoir vivre sans Dieu. Mais il faut que ce détournement dure, que ce ne soit pas juste un coup d’épée avant de voir l’homme revenir vers Dieu. Alors le Diable souffle et souffle encore sur nos pensées pour nous habituer à nous détourner de Dieu, nous habituer à faire nos propres choix. Il connaît le fonctionnement de notre psyché et sais comment faire. Il souffle, souffle et souffle encore. Il nous montre les bases : définir nos échelles de valeurs, évaluer en fonction de ces échelles et agir pour arriver à nos fins.

Les chemins neurologiques se renforcent, les schémas psychologiques se mettent en place. Les habitudes s’automatisent et donnent naissance aux programmes. Nous voilà bien programmé. Les fonctions naturelles de notre psyché ont fait le boulot : une nouvelle structure psychologique vient de naître : notre égo. Il s’agit d’une structure mentale qui fonctionne selon trois principes :

- un ensemble de critère qui définit toutes nos échelles de valeurs auquel nous nous identifions et qui forme notre identité de matière (pour la différencier de notre identité profonde qui est notre âme).

- un mécanisme de jugement qui s’exprime à travers les pensées et qui juge tout ce qui nous entoure à travers le filtre de cet ensemble de critère.

- un ensemble d’enjeux qui correspondent à nos attentes et qui sont très souvent basées sur nos peurs, nos blessures, nos manques et nos souffrances.

Il faut quand même préciser que le Diable n’a peut-être pas eut à souffler si fort que ça non plus et que l’homme, à la base, avait peut-être déjà une potentielle propension à explorer d’autres chemins que ceux de Dieu. Comme dans la symbolique d’Adam et Eve, on voit bien que le serpent n’a pas à dire grand-chose pour faire pencher la balance : « mais non vous ne mourrez pas et vous aurez accès à la connaissance ». Si Adam et Eve avaient vraiment été résolus à suivre le choix de Dieu, ils auraient très bien pu mettre un peu plus de détermination à lutter contre la tentation du serpent : ils n’avaient pas le couteau sous la gorge… Adam et Eve avaient l’air heureux dans leur paradis. Oui mais voilà, même heureux, on ne peut s’empêcher de se demander si ça ne serait pas mieux ailleurs...

Dans tous les cas, avec la participation active ou passive de l’homme, toute cette construction égotique est orienté vers un seul objectif : faire nos propres choix. Elle porte en elle la vibration du Diable. Elle porte en elle la règle du royaume du Diable.

Une fois en place, cette structure a une forte inertie : la force de l’habitude. Et le Diable n’a pas à faire grand-chose pour que la règle de son royaume reste la règle d’or. Il n’intervient que très peu. Seulement si quelqu’un commence à se poser des questions et à remettre en question ce mode de fonctionnement. Souvent, il ne lui suffit que de souffler sur nos peurs et nos blessures pour nous voire nous recroqueviller dans les schémas connus et rassurant du « faire ses propres choix ».

Utiliser la règle du royaume du diable. Faire ses propres choix. Ce n’est pas sans conséquence. Les critères que nous faisons nôtres divisent. Les jugements que nous émettons exacerbent nos différences et nos ressentiments. Les actions et paroles qui s’ensuivent blessent, meurtrissent et les injustices forment le terreau pour de nouveaux critères, de nouveaux jugements. Nos peurs et nos haines justifient nos violences. Nous sommes pris au piège dans ce cercle vicieux et à chaque nouveau tour, on grimpe d’un cran dans l’inadmissible. Nous nous enfonçons dans la souffrance, dans la violence et dans l’aveuglement.

Le Diable se délectent de notre décadence, de notre déchéance. Plus nous souffrons, plus nous sommes pris dans ses filets. Plus nous nous enfonçons dans le royaume du Diable, plus nous nous éloignons du royaume de Dieu. A chaque fois que nous choisissons la règle du royaume du Diable, nous nourrissons et renforçons le royaume du Diable.

Nous sommes pris au piège dans cette illusion. Nous pensons que c’est ça la vie. Nous pensons que nous arbitrons librement nos choix alors que nous sommes contraint d’utiliser notre libre-arbitre dans le cadre définit par le Diable. Nous utilisons notre libre-arbitre uniquement à l’intérieur de la règle du royaume du Diable.

Toutefois, le Diable n’a quand même pas les coudées franches. Nous réduire à cette structure égotique est un peu rapide. Nous ne sommes pas que cela, nous sommes aussi notre âme. Notre âme, elle appartient à Dieu et elle est intouchable. Le Diable n’y a pas accès. Notre essence constitutive la plus profonde n’est pas corrompue par le Diable. Elle porte en elle cet élan premier vers la création de Dieu, vers la lumière, vers l’harmonie et l’unité. Et même si elle souffre de nous voire dans les filets du Diable, elle se bat à chaque instant à l’intérieur de nous pour nous sortir la tête de l’eau.

Nous sommes écartelés entre deux volontés, entre deux directions, entre deux choix. Voici notre véritable libre-arbitre, celui de choisir entre la règle du royaume du Diable et la règle du royaume de Dieu.. A chaque fois que nous choisissons la règle du royaume du Diable, nous nourrissons le royaume du Diable. A chaque fois que nous choisissons la règle du royaume de Dieu, nous nourrissons le royaume de Dieu… Le fait de posséder le libre arbitre nous condamne à revivre indéfiniment et à chaque instant le choix d’Adam et Eve. Encore et encore. Mais le diable a bien ferré son poisson et pour l’instant, dans le monde des hommes, la règle est et reste « faire ses propres choix ».

Le Diable déteste Dieu. Mais il ne peut l’attaquer directement. Il a donc choisit de l’attaquer à travers ses créatures. Mais ce combat se déroule à l’intérieur de la Création et Dieu est le créateur. Le Diable sait qu’il ne pourra pas gagner. Pour se venger de sa désillusion, peut-être veut-il faire le plus de mal possible à Dieu, retarder le plus possible l’avènement de ses projets ? Mais dans tous les cas, arrivera un moment où il perdra. Cela le met dans une rage noire. Alors en attendant, il redouble de cruauté, de haine, de violence et de noirceur pour éloigner encore un peu plus les hommes de leur destin.

Mais pourquoi diable Dieu a-t-il laissé faire le Diable ? ;-)

Dieu a créé ses créatures avec l’intelligence, la volonté propre et le libre-arbitre. La tentation de se détourner de Lui est inhérente à notre nature, à notre fonctionnement. Même si le Diable n’existait pas, l’homme connaîtrait la tentation de se détourner de Dieu. Si cela n’était pas arrivé ainsi, cela serait arrivé autrement. Mais cela serait arrivé. C’est inéluctable. Même heureux, on ne peut s’empêcher de se demander si ça ne serait pas mieux ailleurs… On ne sait pas pourquoi, mais l’herbe semble toujours plus verte chez le voisin.

Mais pourquoi Dieu nous a créé ainsi alors ?

Dieu veut s’incarner dans la matière. Il ne peut pas s’incarner lui-même, il n’est pas une créature ou un individu ; il est le créateur. Il ne peut s’incarner qu’à travers des créatures. Mais pour cela, il est nécessaire que ces créatures fassent le choix volontaire et libre d’incarner Dieu dans la matière. Un choix forcé ne permet pas d’incarner Dieu car Dieu n’est pas la force. Notre choix ne peut être volontaire et libre que si c’est véritablement un choix, c’est à dire une possibilité parmi d’autres. C’est donc seulement avec la possibilité de ne pas incarner Dieu que nous pouvons faire le choix volontaire et libre de l’incarner. Dieu n’avait pas le choix. Il devait nous créer ainsi s’il voulait vraiment s’incarner dans la matière.

En fait Dieu ne pense qu’à lui et à son objectif et nous sacrifie sur l’autel de son incarnation dans la matière ?!

Premièrement, Dieu nous a fait libre de faire nos propres choix. Si ce n’était pas le cas, nous serions des « robots » qui n’auraient d’autre choix que celui de faire ce pour quoi nous sommes programmés. N’oublions pas que c’est nous qui avons fait le choix libre de nous détourner de Lui. Nous sommes quand même un peu responsable de ce qui nous arrive. Le Diable ici ne représente que la tentation de nous détourner de Dieu ; le choix c’est nous.

Deuxièmement, Dieu ne nous a pas abandonné. Il nous tend la main et nous appelle à revenir vers lui. Il ne nous en veut pas, nous a déjà pardonné et reste toujours prêt à nous accueillir avec tout son amour. Sa proposition initiale de vivre cette magnifique aventure avec lui tient toujours. Après tout, il nous suffit de changer d’avis et de faire le choix de retourner vers lui pour mettre fin à tout ça. Nous avons les cartes en main.

Troisièmement, son incarnation dans la matière n’est pas que pour sa pomme, mais pour toute la création y compris ses créatures. Son incarnation dans la matière, ce monde matériel à son image, cette sorte de paradis, son royaume, c’est là qu’il nous propose de vivre. Il veut le partager avec ses créatures. Mais ça, c’est seulement si nous faisons le choix libre de préférer son choix pour nous plutôt que notre propre choix.

Comment peut-on préférer le choix de Dieu pour nous plutôt que son propre choix ?

Dieu est le créateur de toute chose. Dieu nous a créé. Dieu sait tout et connaît tout. Il nous connaît mieux que nous même, connaît mieux ce qui nous convient que nous même et sait ce qui va arriver. Nous, nous pensons nous connaître et nous ne connaissons que le présent. Faire des choix s’apparente souvent à regarder par le trou de la serrure pour savoir si on entre ou pas dans la pièce. Bien souvent, le futur nous montrent que nos choix qui semblaient avisés se révèlent finalement bien périlleux.

Préférer le choix de Dieu pour nous nécessite de croire en lui et de lui faire confiance, de le considérer comme notre seigneur : celui entre les mains de qui nous pouvons remettre notre vie. Cela nécessite de lâcher notre contrôle et de nous en remettre à lui. C’est entre autre pour cela que c’est si dur...

Toutefois il faut préciser que faire ses propres choix ne revient pas uniquement à se passer des choix éclairés de Dieu. Premièrement, c’est se détourner de Dieu, ne pas l’incarner dans la matière et donc vivre dans un monde qui n’est pas le royaume de Dieu. Deuxièmement, les mécanismes inhérents au fait de faire ses propres choix ont des conséquences non négligeables. Les critères et les jugements qui sont le socle de ce mode de fonctionnement divisent les hommes et attisent les tensions. Avec le temps, les choses se dégradent et nous finissons par vivre dans un monde tel que nous le connaissons. La violence, les atrocités (meurtres, viols, esclavage, torture, séparation de mères et d’enfants, …), les maladies et les guerres deviennent notre quotidien.

Mais pourquoi Dieu ne fait rien justement pour empêcher ses atrocités ?

Ces atrocités sont les conséquences de nos choix. Empêcher ses atrocités reviendrait à remettre en question nos choix et donc notre libre-arbitre. Or nous avons vu que notre libre-arbitre est indispensable. Imposer nos choix reviendrait à renoncer à son projet de s’incarner dans la matière.

Mais son projet de s’incarner dans la matière, est-ce que ça vaut vraiment le coup ?

S’incarner dans la matière signifie créer un monde à son image, un monde qui vibrerait sur son énergie. Comment serait ce monde ? J’imagine un monde de lumière, d’amour, de bonté, d’harmonie… Dieu nous dit que si nous vivions dans ce monde, nous y serions heureux et magnifiques. Tout y serait possible. Qu’il n’y aurait pas de jugements, pas de haine, pas de souffrances, pas de maladies.

Mais Dieu nous a créé avec notre libre-arbitre et chacun est libre de se faire sa propre opinion. Chacun est libre d’y croire ou pas.

Si c’est si chouette, vivement que cela arrive alors ! Mais Dieu, si c’est le créateur, il ne pourrait pas hâter un peu les choses ?

Les choses ne sont pas si simples car même heureux et magnifiques dans ce royaume de Dieu, rien ne nous empêcherait de nous demander si ça ne serait pas mieux ailleurs...

Il est indispensable que notre choix soit libre, volontaire… et définitif ! Il ne faudra pas qu’au bout d’un certain temps, il y ait un coco qui dise : « c’est sympas ce petit jardin ! Comment vous l’appelez ? Eden ? Mais moi, j’aurais bien vu quelques palmiers en plus par ici et une plus grande fontaine… et puis un jacuzzi dans ce petit coin, juste pour moi parce que là-bas, il faut toujours attendre son tour… c’est un peu chiant ! Ah et ce fruit c’est quoi ? On n’a pas le droit ? Vous êtes sûr ?»

Il est hors de question de repartir pour un tour !

Alors pour éviter cela, il est peut-être indispensable de faire l’expérience de ce que l’on peut trouver ailleurs et de s’en souvenir suffisamment pour être sûr, malgré notre propension à ne jamais être satisfait, de ne jamais avoir envie de revivre cet autre choix...

Ainsi nous pourrions être heureux et magnifiques dans le royaume de Dieu et à chaque fois qu’on se demanderait si ça ne pourrait pas être mieux ailleurs, le souvenir de ce ailleurs nous rappellerait les raisons de notre choix. Toutes les horreurs de ce ailleurs nous auraient comme vacciner contre toute velléité de retour en arrière. Peut-être qu’il est nécessaire que chacun expérimente les tourments de la vie sans Dieu et en soit suffisamment marqué pour ne pas avoir envie de les revivre ?

Expérimenter le monde sans Dieu est finalement peut-être la meilleure solution pour que nous choisissions le royaume de Dieu en toutes connaissance de cause sans remettre en question ce choix toutes les cinq minutes ?

Bon ok. Mais là, il y a eut suffisamment d’horreur comme ça. Je pense que toute le monde a bien compris. Quand est-ce que ça va s’arrêter ?

Cela s’arrêtera quand les hommes feront le choix libre et volontaire d’incarner Dieu dans la matière. La seule alternative à ce monde de souffrance est le royaume de Dieu.

C’est vrai que toutes ces atrocités sont intolérables et insupportables. Que nous aspirons tous à y mettre fin.

Et pourtant, je ne vois pas tout le monde se précipiter dans les bras de Dieu, le supplier d’arrêter tout cela, lui garantir que nous faisons le choix de vivre avec Lui. Lui dire que nous ne voulons plus être manipulé par le Diable. Lui dire que nous voulons reprendre notre place dans le grand plan divin. Non. On se pose des questions. On n’est pas vraiment sûr. Et puis notre « libre-arbitre », notre impression de liberté, notre impression de toute-puissance sont tellement grisantes. Y renoncer ?… Même si c’est renoncer à une impression de liberté pour retrouver une vraie liberté, on hésite ! Bien sûr toutes ces atrocités, mais lâcher le contrôle, s’en remettre à Dieu… on n’y croit pas vraiment. On pense que c’est une fable pour les enfants. Soyons sérieux, le monde, il n’y en a qu’un et c’est celui dans lequel on vit. Alors au lieu de rêver à un autre monde, on ferrait mieux de se mettre à bosser !

On se plaint beaucoup, mais finalement, la leçon n’a peut-être pas encore été assez longue...

Mais alors quelle est la solution ?

Je ne sais pas. Peut-être Dieu espère-t-il qu’avec le temps nous apprenions ? Que nous comprenions les enjeux et la réalité de ce qui se joue et que nous fassions ce choix libre de préférer son choix pour nous plutôt que notre propre choix.

Ou peut-être que Dieu espère qu’avec le temps le Diable va se raisonner et revenir de lui-même à sa place ?

Ou peut-être qu’un jour, Dieu va considérer que cela a assez duré et va décider de brûler le Diable et tout ce qu’il a touché dans les feux de l’enfer. Tout ce qui aura été corrompu par le Diable devra disparaître. Il risque d’y avoir de sérieux dégâts collatéraux...

Personnellement, je préfère faire le choix de rejoindre Dieu avant de savoir si cela va arriver.

Mais tout ça, c’est quand même un peu de notre faute, ce sont les conséquences de nos choix… Dieu n’est trop en colère contre nous ?

C’est vrai. Même si nous avons été manipulé par le Diable, même si il nous « embrouille » la tête, c’est bien nous qui usons de notre libre-arbitre pour faire le choix de rester dans le royaume du Diable et de ne pas rejoindre le royaume de Dieu. Et c’est bien nous qui commettons tous ces jugements, toutes ces violences et toutes ces atrocités.

Même si Dieu ne valide par nos choix et encore moins les atrocités que nous commettons, il nous pardonne. Peut-être parce qu’il sait qu’avec notre libre-arbitre tout cela était inéluctable, sous cette forme ou sous une autre. Peut-être parce qu’il sait que tout cela était nécessaire pour faire notre choix de manière libre et volontaire et surtout pour ne pas remettre en question ce choix toutes les cinq minutes. Dieu n’est pas en colère contre nous. Il nous pardonne. En réalité, il nous avait déjà pardonné, même avant que nous fassions nos choix.

Par contre Dieu vit avec ses créatures. Il vit chacune des souffrances de ces créatures. Et Dieu souffre de voir ses enfants se conduire ainsi. En attendant que les hommes fassent le choix de revenir vers lui, Dieu souffre avec nous.

Laurent Auger
Fils de Dieu

Association loi 1901 à but non lucratif, La Voix de Dieu a pour objet l'épanouissement de l'être humain à travers la diffusion, la sensibilisation et l'enseignement des messages du Livre "Accepte l'amour que Je t'envoie" et notamment celui d'enseigner Dieu sans la religion et réapprendre à dialoguer avec le Plus Grand en direct...

Tel est le cœur de ce journal, proposer des articles, messages, vidéos, audios dont la vision est d'enseigner l'essence divine sacrée sans la religion ni le culte afin qu'elle transmute peu à peu en une nouvelle modalité de vie.

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