La Voix de Dieu
A l’intérieur de nous, au plus profond de nous, nous ressentons quelque chose qui n’est pas agréable. Tout le monde a fait l’expérience de cette sensation, mais peu de gens l’ont fait consciemment.
Note : les termes soulignés et en gras sont définis dans le lexique divin. Vous serez surpris de voir que certaines définitions ne correspondent en rien à votre conception actuelle.
C’est une sensation diffuse, sourde, ce n’est pas très clair, on ne sait pas exactement d’où ça vient, ni quelle en est la cause, mais c’est là.
C’est une sensation que l’on ressent surtout quand on ne fait rien. D’ailleurs si vous voulez en faire l’expérience par vous-même, c’est le meilleur moyen : ne rien faire. Je ne parle pas de faire une pause, de se reposer, de lire un bouquin ou de regarder son téléphone. Je ne parle pas de ne pas faire quelque chose de productif, je parle de ne rien faire du tout. Ne rien faire, même pas penser. Parce que penser c’est déjà faire quelque chose. Ne rien faire, observer et ressentir cette sensation qui remonte lentement des profondeurs…
Ce n’est pas l’ennui. L’ennui aussi pourrait être considéré comme une sensation désagréable. Je n’aime pas m’ennuyer. L’ennui, c’est ce que je ressens quand je m’approche de cette zone profonde. Quand je m’ennuie, je me rapproche dangereusement de cette sensation désagréable alors je ressens l’ennui comme signal d’alarme pour me pousser à faire quelque chose et à ne pas m’approcher de cette zone inconfortable.
C’est aussi pour cela que nous n’avons pas forcément conscience que cette sensation intérieure existe, c’est que nous avons mis en place toute une gamme de comportement et d’automatisme pour ne pas ressentir cette sensation. Alors dès qu’on s’en approche, toute une batterie de réactions inconscientes s’activent pour nous maintenir loin de la zone de turbulence.
A l’intérieur de nous, au plus profond de nous, il y a cette sensation désagréable. Vous pouvez essayer de la trouver et d’en faire l’expérience. Mais comme c’est une sensation désagréable, on pourrait aussi se demander si c’est bien nécessaire… Est-ce que nous avons envie d’aller explorer qui nous sommes vraiment au plus profond de nous quitte à traverser des zones inconfortables ou préférons-nous au contraire rester dans notre zone de confort et nous connaître nous-même à travers ce que nous renvoient les autres ? Comme pour tout le reste, nous somme libres de ce choix également.
A l’intérieur de nous, au plus profond de nous, il y a cette sensation désagréable. Si je prends le temps de m’en approcher et de l’observer, j’ai l’impression que ça pourrait me submerger d’un coup. Comme si je me trouvais au bord d’un immense précipice qui menacerait de m’engloutir. Comme si quelque chose allait m’aspirer vers le néant. Alors je coupe d’un coup ! Où en étais-je ? Ah oui, j’avais ça à faire et puis ça aussi ! Je me remets immédiatement en mouvement, en action, pour m’éloigner de cet endroit et de cette sensation.
Dieu crée chacune de ses créatures et garde un lien avec chacune d’elle (cf. enseignement fondamental module 5). A travers ce lien, Dieu nourrit chacune de ses créatures. Je ne parle pas ici de nourriture pour le corps, mais de nourriture spirituelle. Mais nous avons (en tout cas pour la grande majorité d’entre nous) coupé ce lien. En réalité, ce lien existe toujours car c’est Dieu qui a créé ce lien et l’homme ne peut défaire ce que Dieu fait. Mais nous avons bloqué ce lien de notre côté et nous refusons de recevoir la nourriture que Dieu nous envoie. Ainsi est né ce grand trou en nous, ce gouffre, cet abîme. Il s’agit de la partie de nous qui n’est plus nourrie par Dieu et qui est vide. Nous avons ce grand vide en nous.
La quasi totalité de ce que nous faisons sert à remplir ce vide (ou à ne pas le ressentir, ce qui revient à peu près au même). Alors nous nous agitons dans tous les sens pour remplir ce grand trou. Tel des boulimiques, nous nous gavons d’activités diverses et variées. Et ça marche. Au bout d’un moment, ce vide est rempli et nous nous sentons mieux. Mais cela ne dure pas longtemps. Un instant seulement. Car tout ce que nous mettons dans ce trou ne fait qu’illusion. Ce n’est pas la bonne nourriture. Alors très rapidement, le trou se vide et il faut recommencer. Le seul moyen de remplir ce vide durablement serait de laisser Dieu nous nourrir à nouveau.
Cette sensation profonde et désagréable, je l’appelle l’intranquillité profonde. Pour la différencier de l’intranquillité de surface. Celle-là, tout le monde la connaît et l’expérimente dans sa vie. Il s’agit du stress, de la vie qui va à 100 km/h, de la charge mentale, des mal-être divers et autres inquiétudes sur à peu près tous les domaines de nos vies. Ce sont les conséquences de notre mode de fonctionnement.
Pour éviter de ressentir l’intranquillité profonde (ce grand vide à l’intérieur de nous), nous avons mis en place un mode de fonctionnement qui a pour conséquence de créer de l’intranquillité de surface. Alors pour gérer cette intranquillité de surface, nous mettons en place de nouvelles actions, de nouveaux comportements qui viennent calmer cette intranquillité, mais qui à leur tour créer de nouvelles intranquillités. Et ainsi nous empilons actions et comportements correcteur d’intranquillité et créateur de nouvelles intranquillités. Il s’agit des fameuses « couches d’oignon » dont vous parlent bon nombre de thérapeute. Ainsi commence le lent et long travail d’épluchure de l’oignon qui, on l’espère, nous permettra avant la fin de notre vie d’arriver au cœur de l’oignon. Et cela à condition que ce soit bien fait et que les « corrections » enlèvent bien des couches et n’en créent pas des nouvelles…
Sinon, il y a aussi la possibilité d’aller directement au cœur, de comprendre que tout cela vient de ce vide enfoui en nous et que la seule solution de résoudre le problème est d’accepter la nourriture que Dieu nous envoie. Mais pour ça comme pour le reste, chacun est libre de choisir son chemin.
Nous n’avons pas forcément conscience de notre intranquillité profonde, par contre, nous avons tout à fait conscience de notre intranquillité de surface. S’occuper de ce mal-être apparent nous garde mieux éloigné de la véritable source de notre mal-être. Ainsi, nous restons à distance de ce qui est vraiment important : le lien à Dieu. Notre attention est attirée à la surface alors que le plus important se joue en profondeur...
Depuis que nous refusons la nourriture de Dieu, en notre centre il y a ce vide insupportable.
Alors nous nous mettons en mouvement pour fuir notre centre et ne plus ressentir cette intranquillité profonde. Et nous nous retrouvons à vivre à la périphérie de notre être.
Et tel un satellite qui tourne autour de la terre, nous ne pouvons pas nous arrêter de peur de retomber vers notre centre et ce vide insoutenable. Alors nous restons toujours en mouvement.
Mais cela nous épuise… Alors nous nous fabriquons des temps de repos sans quitter la périphérie. Ce sont des temps de repos actif. On se repose mais en faisant quelque chose : lire un livre, boire un café, aller au restaurant, faire du sexe, se droguer, partir en vacances, scroller sur le téléphone, inventer un nouveau projet, etc, etc.
Ce sont des béquilles sur lesquels nous nous appuyons pour supporter le reste.
Comme ce sont des activités agréables, nous avons l’impression de nous reposer, de nous ressourcer, de nous vider la tête… mais en réalité il n’y a aucun repos là-dedans.
Je ne vous parle pas des dégâts que ce mode de fonctionnement a sur nous. Nous sommes au bord de l’épuisement, on en peut plus.
Mais ce vide nous empêche de nous arrêter : « marche ou crève ».
Nous sommes devenus complètement accro à nos béquilles, car il n’y a plus que ça qui nous permet de tenir… Et même si je prends conscience de tout cela, tel le drogué qui comprend que le produit le tue, je ne peux pas m’en libérer car c’est aussi cela qui m’évite d’éclater en plein vol, de me disloquer dans la frénésie de l’action à tout prix ou d’être englouti par ce vide sidérale sous mes pieds...
Le seul moyen de sortir de cette impasse, c’est de (re)commencer à accepter la nourriture que Dieu nous envoie. Alors seulement, ce vide commencera à se combler. Oh il faudra du temps, car depuis le temps ce vide est immense. Et puis on ne peut pas rouvrir le robinet en grand d’un coup. Alors au tout début, ce n’est qu’un tout petit filet de nourriture qui passe, voir même un goutte à goutte.
Mais ce n’est pas grave car déjà la tendance s’inverse : le vide ne se creuse plus et commence même tout doucement à se combler. Immédiatement, je vais commencer à en ressentir les effets et je vais me sentir plus serein et même peut-être réussir à me poser quelques minutes sans être submergé. Quelques minutes pour être en connexion à Dieu, quelques minutes pour ouvrir un peu plus le robinet…
Et bientôt, je vais peut-être même pouvoir laisser tomber une ou deux béquilles, ces chaînes dont je suis accro et qui me maintiennent à la périphérie de mon être.
Tout un programme ! Et ça ne se fait pas en un jour ! Mais petits pas après petits pas, nous réussissons à nous rapprocher du calme intérieur.

Laurent Auger
Fils de Dieu
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