Le conte du cueilleur de pâquerettes

C’est l’histoire d’un père qui propose un jour à ses 4 fils de construire une maison ensemble. Ce sera une grande maison où ils pourront vivre tous les 5 en paix, en sécurité et dans l’amour entre frères et père.

Note : les termes soulignés et en gras sont définis dans le lexique divin. Vous serez surpris de voir que certaines définitions ne correspondent en rien à votre conception actuelle.

Tous sont enthousiasmés par le projet et dès le lendemain se mettent à la tâche. Ils choisissent ensemble l’endroit, discutent des plans et se lancent dans la construction. Pendant plusieurs jours les travaux avancent bien. Ils sont heureux. Tous se sentent en joie de participer à cette construction et par la perspective de vivre ensemble dans ce magnifique lieu.

Mais un matin, il manque un frère. Les autres sont étonnés de cette absence mais se disent qu’il va bientôt les rejoindre. Mais la journée avance sans voir leur quatrième frère les rejoindre. Ils sont inquiets et partent alors à sa recherche.

Ils finissent par le trouver dans un pré non loin de la maison. Il semble avoir quelque chose dans la main et marche lentement en scrutant le sol. Mais quand il aperçoit le reste de sa famille approcher, il les hèle ainsi : « Venez ! Venez voir ! ». Le père et les trois frères s’approchent

« Venez voir ! » Reprend-il. « Regardez, j’ai trouvé des pâquerettes !! » Et en effet, il a à la main un petit bouquet de pâquerettes et de temps en temps se penche au sol pour en cueillir une de plus.

Même s’ils trouvent les pâquerettes très jolies, les trois frères sont étonnés de découvrir une telle passion pour cette petites fleurs des prés chez leur frère…

- Elles sont très jolies tes pâquerettes mon frère » commence l’un des trois frères, « mais nous sommes en train de construire notre maison. Ne souhaites tu pas venir nous aider ? »

- ah non désolé… » répond le frère. « Ce n’est pas possible… regarde toutes ces pâquerettes qu’il y a partout ! Je ne peux pas les laisser ! »

Le père et les trois frères sont étonnés par le comportement de leur frère, mais comme ils restent sans voix, ils se disent que ça va lui passer et que quand il se sera lassé des pâquerettes, ce qui ne saurait tarder, il reviendra de lui-même les aider sur le chantier.

Mais le lendemain, le quatrième frère ne montre pas le bout de son nez, pas plus que les jours suivant. Au bout d’une semaine, ils retournent vers le pré voir leur frère.

Ils le trouvent au bord du pré devant une cabane sommairement réalisée à l’aide de quelques branches. Il est assis, le visage penché sur un bouquet de pâquerettes. Dès qu’il les voient arriver, il se lève heureux de les voir et leur déclare en indiquant l’intérieur de la cabane : « Regardez toutes les pâquerettes que j’ai ramassées ! ». Et en effet, au fond de la cabane ils peuvent voir un grand tas de pâquerettes. Elles sont rangées en bouquets liés par des herbes sèches.

- « Regardez comme elles sont magnifiques ! Elles me remplissent de bonheur ! J’en ai 647 bouquets !

Le père et les trois frères se regardent interloqués. Ils ne savent pas quoi dire. Ils ne comprennent pas cette soudaine passion de leur frère pour les pâquerettes… A-t-il perdu la tête ?

Ils essayent de lui parler de la maison à construire, de leur projet de l’habiter ensemble, l’encourage à les rejoindre sur le chantier. mais leur frère ne semble pas y être sensible. «  Je ne peux pas venir avec vous et quitter tout ça quand même ! Si tout se passe bien, la semaine prochaine je devrais avoir plus de mille bouquets !!  Vous vous rendez compte ! Mille bouquet ! Que pourrai-je demander de plus !»

De retour sur le chantier, le père et les trois frères sont tristes. Même si la construction de cette maison les met en joie, leur frère leur manque.

Les semaines passent, mais le père ne peut oublier son fils pas plus que ces garçons ne peuvent oublier leur frère et continuer comme si de rien n’était. C’est son fils et ça le restera toujours. Quoi qu’il arrive, qu’ils soient d’accord ou pas, qu’ils s’entendent ou se disputent, qu’ils se fâchent ou se réconcilient, qu’ils se retrouvent ou se séparent, ce sera toujours son fils. Rien ne pourra changer cela.

Alors ils retournent voir le quatrième frère dans son pré.

Ils essayent de lui expliquer qu’il n’y a pas que les pâquerettes dans la vie et que cette cueillette tourne à l’obsession. Mais c’est comme si leur frère ne les entendait pas. Au contraire il leur propose de s’associer dans la cueillette des pâquerettes et qu’ensemble ils pourraient bâtir un empire qui les comblerait tous. Devant leur indignation et leur refus, il s’emporte avec colère :

« De toute façon, je n’y crois pas. Elle n’existe pas cette maison de paix, d’amour et de fraternité ! Vous pensez que j’ai perdu la raison, mais moi je crois que c’est vous qui n’êtes pas raisonnable de courir comme vous le faites après un rêve qui n’existe pas. Ce qui est raisonnable ce sont les pâquerettes. Elles sont bien réelles elles ! Et de toute façon à quoi bon une maison de paix, d’amour et de fraternité sans pâquerettes ?! »

Il est persuadé que la possession de pâquerettes fait son bonheur. Et que si jamais un jour, il est un peu triste ou déprimé, c’est uniquement parce qu’il n’a pas encore assez de pâquerettes. Il repart alors dans une frénésie de cueillette afin d’amasser de nouveaux bouquets de pâquerettes.

Sur le chemin du retour à la maison, le père et les trois frères ont le cœur lourd. Ils s’arrêtent à l’orée du pré jeter un regard vers leur frère. L’un d’eux se lance :

- « On y va, on l’attrape, on le ramène de force à la maison et on l’oblige à rester avec nous. Il se rendra bien compte que ces pâquerettes sont des chimères. Au bout de quelques temps, il retrouvera la raison et tout redeviendra comme avant ! »

Mais le père rétorque :

- « Nous voulons construire la maison de la fraternité, de l’amour et de la paix. Elle ne peut être bâtie sur des fondations de force ou d’obligation. Si nous faisons cela, alors notre projet n’a plus de sens. »

Mais un fils restera toujours un fils et un frère, un frère. Alors chaque semaine, à tour de rôle, ils retournent voir leur frère pour lui tendre la main, l’appeler à revenir avec eux, l’appeler à la raison. Et même si jusqu’à aujourd’hui rien n’a changé, que pourraient-ils faire de plus ? Car même si leurs cœurs saignent de voir leur frère ainsi, ils se refusent d’agir autrement qu’avec amour.

Laurent Auger
Fils de Dieu

Association loi 1901 à but non lucratif, La Voix de Dieu a pour objet l'épanouissement de l'être humain à travers la diffusion, la sensibilisation et l'enseignement des messages du Livre "Accepte l'amour que Je t'envoie" et notamment celui d'enseigner Dieu sans la religion et réapprendre à dialoguer avec le Plus Grand en direct...

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